samedi 20 juillet 2024

alors j'ai décidé d'être moi-même. appelle ça comme tu veux, une sensibilité une différence, mais cette fois-ci j'ai décidé d'être moi-même. alors si j'ai envie de te dire que je t'aime comme un fou je te le dirai. saute-moi au cou ou pas en courant ça c'est toi qui vois mais moi je t'aurais dit ce que mon cœur me dicte. je crois pas avoir demandé à être comme ça mais c'est ce que je suis et je ne le changerai pas. mon cœur est un volcan, une mine d'or, une plaie béante, un océan d'amour. si tu savais qu'avec un gramme de tendresse je te rends une tonne de bonheur... je n'ai pas peur d'ouvrir mon cœur et de me retrouver à terre. je crois que c'est ça être vivant. entrer dans la mêlée à tes risques et péril. comme dit la chanson: tu veux pas? je reste en vie. et je repartirai gratter mes cordes...

dimanche 14 mai 2023

Moi dans ton silence

J'ai toujours cru que ça suffisait

Quelques notes aérées ça suffirait

Je me suis posé là sans bruit

Un silence m'enveloppe et te voilà

J'ai ouvert mes bras

Un silence lumineux et te voilà

Des heures à te prier et te voilà

Je t'ai jamais vu comme ça

C'est dans la paix qu'on se connait le mieux

C'est fou et c'est beau de sentir

Ta main solide et tendre sur mes épaules

L'intérieur sourit, l'histoire est réglée

Elle n'avait jamais commencé


Moi j'avais peur de la lumière

Et voilà que tu m'éclaires, me console et me pardonne

Et quand je joue mes petits airs

Tu t'invites au 1er rang

Tes mots me reviennent

vendredi 18 février 2022

The final countdown

 Toutes les images reviennent au moment même des premières notes.

Je suis assis à coté de lui dans les tribunes de Mayol. Il est heureux et moi aussi. Captivé, les yeux rivés sur le spectacle devant lui. Ce sont les rares moments de ma vie ou je le vois heureux, joyeux, content d'être là où il est. Je le regarde sans qu'il ne me voit. On est bien, putain on est bien, ça me fait tellement de bien de le voir heureux. Alors j'espère qu'on va gagner, comme ça, il sera encore plus heureux. 

C'était généralement le samedi soir qu'on se rendait avec mon père et mon frère, au stade Mayol pour voir, non pas du rugby, mais le Sporting club de Toulon, équipe de "Division 1" de football, la Ligue 1 de l'époque. Toulon parmi l'élite du foot français. Oui, ça a duré 10 ans, tout rond. Et clap de fin. Mais ça on s'en fout un peu.
Je ne retiens qu'une chose: la joie de mon père. Cette joie qui devenait la mienne. On partageait un moment. Sans doute parmi les plus délicieux moments de mon enfance. Sur cette musique entraient les joueurs, tout de jaune et bleu vêtus. On savait qu'on allait voir du combat. Oui à Toulon, même au foot, on pense d'abord à affaiblir l'adversaire avant de faire du jeu. Je te raconterai ça un autre jour. Ce morceau lançait les hostilités en quelque sorte. Mon père était concentré, mon frère bouillonnait, et moi, gamin de 10 ans, j'étais comblé d'être là, avec eux. 

Les soirs d'hiver, quand on allait au stade, on mettait notre pyjama sous nos vêtements. Combine de maman précautionneuse et de papa flic qui avait connu les heures de "planton" dans un commissariat d'Alsace. Tu vois le truc? Même à -10° (chose rarement vue sur les bords de la rade), on serait allé au stade. Surtout qu'au retour, on profitait du feu de cheminée, et de deux oeufs au plat divins en attendant "Soir foot" avec l'espoir qu'on parle de nos exploits à la TV française. Tu te rends pas compte toi. Parler de Toulon à la télé, quelle fierté. 

Je crois que c'était une chose simple. Une chose commune, partager un moment avec son papa, vibrer pour des bêtises de foot, de victoire, d'orgueil, d'amour pour sa ville aussi. Car si on a un point commun c'est bien l'amour de cette ville. Ca doit se transmettre ça aussi. Je peux rarement parler de Toulon sans émotion. Toulon c'est mon terrain de jeu, ma fierté, mon père, mon enfance. C'est six lettres que j'ai envie de défendre à chaque instant. Toulon c'est la joie dans les yeux de mon père. Cet homme, à part son travail n'avait de distraction que le tiercé, la bonne bouffe, les champignons en automne, le foot, et surtout à Toulon. J'aimais la passion pudique qu'il exprimait pour ce club. Toujours soucieux de nos défaites, fiers de nos succès. Je crois que dans la vie d'un fils de paysan piémontais, ça apporte un peu de joie simple. Toulon est la ville qui a accueilli ses parents partis d'Italie. 

Moi j'ai tout vu. J'ai tout gardé. Je repasse ce morceau en boucle juste pour être a coté de lui, dans ces tribunes. Je le sens juste à côté de moi, la chaleur de ce gaillard et ses 110 kilos. Il était gentil mon papa. Mais même dans les tribunes de Mayol, fallait pas le chercher trop longtemps. Un soir de match, alors qu'on sortait des tribunes à la fin de la rencontre, une bagarre éclate entre plusieurs mecs juste devant nous. J'avais environ 10 ans, mon frère 5 de plus. Là j'ai vu mon père pâlir, voyant déjà la bagarre générale dégénérer dans toute la tribune et nous mettre nous, enfants, devant un sacré danger.
En quelque secondes j'ai vu mon père serrer les mâchoires, nous pousser derrière lui, et fermer les poings. Il était prêt à dégoupiller le premier à s'approcher de nous. Mais comme un dernier ultimatum, il lança à un des gars: "Il y a des enfants ici". L'échauffourée s'arrêta sur le champ.

Le foot ici n'est plus au beau fixe. Mais je regarde encore chaque match. Non pas pour le triste spectacle offert par un club de N2 mais parce que c'est en moi. Le jaune, le bleu, papa et moi. Je n'ai qu'à fermer les yeux et je te vois, assis dans ces tribunes prés de moi. Rien ne s'arrête jamais vraiment. J'ai les yeux fermés. La musique a démarré. Je pense qu'on va gagner. 


jeudi 14 février 2019

Silenzio

Les murs sont recouverts de vos pensées. Les bois ont enregistré vos conversations. Les odeurs de cuisine flottent encore dans le salon. Je ne vous vois pas mais je vous parle. Ca flotte dans les airs, comme une brume dorée. Je sens vos regards, parfois amusés et heureux sur ce petit terrien qui bataille. Votre sourire est touchant, car vous, vous savez déjà. Et combien de fois, vous tentez de me donner la direction, en silence, juste avec ce sourire. Vous êtes témoins et moi aussi. Vous m'enveloppez dans cette lumière. Votre présence flotte autour de moi. A certains moments, vous ressemblez à des enfants joyeux, qui n'ont jamais voulu quitté leur demeure. Vous adorez habiter ce lieu dans lequel vous avez enraciné vos âmes. Vous êtes témoin de ma présence ici, du flambeau que je transporte et je suis à mon tour témoin de votre présence ici. Le tout ressemble à une évidence où tout est cohérent et à sa place. Je suis là pour une raison indéniable que vous me confirmez à travers chacune de mes pensées lumineuses. Je pose ma main contre ce mur épais, je serre dans mes bras cet arbre planté il y a quelques années. Le canal est le même, et à travers celui-ci passent vos messages, en silence. Alors que puis-je faire d'autre si ce n'est remercier? Fermer les yeux et absorber, écouter vos messages silencieux, peut être même arrêter de parler. Laisser venir et déguster, ces douces effluves d'amour champagne.

"A volte, la migliore musica è il silenzio… diciamo. "

mercredi 12 décembre 2018

Viens !

Viens on s'en va loin du monde, loin du bruit, de la colère et de la foule. On se casse léger et soulagé. Loin de ces images et ces odeurs. Un petit cercle ouvert aux autres, mais pas tous les autres. Je suis pas fait pour le grand nombre. Loin des chiffres, des résultats, des performances, des concurrents. Viens on se casse où il y a du sens et de l'air frais, un peu de vin et quelques belles mains.

jeudi 5 juillet 2018

"C'est mes fils"

On est allé voir le docteur. C'était un Vendredi. 18h. Ca n'a pas duré longtemps, peut-être 10 minutes. Il ne reste que quelques jours à vivre pour mon père. C'était dit. On a posé deux ou trois questions. Le verdict était clair. Tu l'acceptes et tu te tais. On est sorti du bureau. on s'est rendu dans sa chambre d'hôpital accompagnés du docteur. Il s'est adressé à mon père, lui faisant comprendre qu'il nous avait averti de la situation, de la fin proche. Pas une larme. "Ne vous acharnez pas" a déclaré mon père au docteur. Je commençais à être de plus en plus étonné de son courage et de son calme. Mon père avait accepté son départ, sans drame, sans larme, et avec une dignité insoupçonnable. J'assistais à ça silencieux, stupéfait, effondré, terrorisé, paralysé. Je n'osais pas vraiment regarder mes proches dans les yeux, je tentais d'éviter certains regards. Après sa brève explication, le docteur était sur le point de nous laisser. Mon père s'adressa à lui : "C'est mes fils". Mon frère n'a pu retenir ses larmes. Il a explosé en sanglots et est parti se réfugier dans la salle de bains. Je n'ai pas bougé, impossible. Tout était dit, terminé, c'était la fin. Notre père allait partir. Il venait de nous dire qu'il nous aimait par cette petite phrase. Il avait déclaré son amour à ses fils de sa façon habituelle. On l'a reçu. Il avait tellement de fierté dans les yeux quand il a prononcé cette phrase qu'on a compris son message. J'ai aimé cette pudeur. C'est ce dont j'avais besoin. Ces derniers moments avec lui ont été plus instructifs que je ne l'imaginais. J'ai découvert toute sa force et sa dignité pendant ces heures douloureuses.
Tu me manques terriblement. Je n'oublie pas ces mots. Je fais ce que je peux.

"Si je tends la main au ciel, la serreras-tu?"

samedi 1 avril 2017

On a parlé

C'était tellement inattendu. La façon dont tu t'y es pris pour venir me parler. J'ai d'abord vu ton visage planer au-dessus de la maison de mon enfance, celle que tu as construite de tes mains. J'ai pris ça pour une jolie pensée dans un premier temps, et rien de plus. C'était déjà beau de voir ton visage sage flotter au-dessus de cette maison. Tu veillais sur nous. Et puis j'ai ouvert les yeux à nouveau mais comme attiré par ta présence et cette belle image, j'ai refermé les yeux et me voilà plongé une nouvelle fois dans ce tableau. De plus en plus insistant, intense. Je me suis plongé dans cette scène mentale, je ne voulais plus la quitter. Tu nous protégeais, tu nous regardais tendrement de là-haut. Moi j'avais 8 ans, assis sur mon vélo rouge.

Et puis la scène a changé. Quand j'ai ouvert les yeux, je savais que tu étais dans cette pièce. Ta présence illuminait la pièce de cette lumière champagne que j'ai déjà vue plusieurs fois. Tu remplissais toute la pièce. Je ne te voyais pas avec mes yeux. C'est totalement diffèrent. Je fus surpris au départ. Je ne saisissais pas bien ce qu'il se passait. Puis je me suis détendu, offert, j'ai porté toute mon attention au moment. Et j'ai vite compris. Je n'avais même plus besoin de confirmation. Tu étais là. Tu souriais dans cette lumière indescriptible. Tu remplissais toute la pièce. Je n'avais qu'à poser une question et tu me répondais. On a donc dialogué, disons-le comme ça. J'ai rapidement commencé à pleurer, mais j'ai retenu ces larmes car je n'étais pas triste.

Tu m'as alors transmis plusieurs messages. Tu m'as dit que tu étais là chaque seconde, que si je pensais à toi, tu étais là. Tu m'as dit que tu veillais sur nous, mon frère et moi, nos enfants, Gisèle, et même ma mère, c'est dire si tu es devenu sage. Tu souris si tendrement. Tu m'as demandé de bien m'occuper de ta maison et de veiller sur mon frère. C'est tellement toi.
Tu m'as enfin dit d'arrêter de me faire souffrir. Car il n'y a pas de problème. Tu m'as montré cette lumière dans laquelle tu baignes et avec laquelle tu m'inondes. Il n'y a pas de problème. Ton message est simple : inutile de s'agiter ici. Et tu as eu ce sourire empli de calme. Tu m'as demandé de ne pas oublier qui j'étais, ce que j'étais, ce que nous sommes. Plus que tes mots, c'est cette lumière et la sagesse que tu dégages qui permettent de comprendre sans y réfléchir ce que tu transmets. Les mots, ici, sont bien impuissants.

Et puis tu m'as parlé de la vie. Tu m'as envoyé des images. De la bonne bouffe, un plat italien que je n'ai pas vraiment reconnu, comme des pâtes en sauce. Il y avait aussi une tablée avec mes amis, un verre de vin rouge, un amour et une joie si simples et amples. Tu nous enlaçais dans tes bras longs de deux kilomètres et tu étais heureux de nous proposer ça. Il y avait aussi cette jolie fille brune que je ne connais pas, sans doute italienne. Tu m'as dit avec un sourire malicieux que tu aimais bien les italiennes, brunes, forcément.
Pour finir, tu m'as clairement montré une chose. Tu m'as parlé d'Agnès, avec qui je fais un peu de musique. Elle chante, je joue. Tu m'as dit que tu te régalais à nous écouter jouer. Tu te poses là, tu nous observes et tu adores ça. Tu aimes bien cette fille, tu aimes bien sa douce façon de chanter, c'est ce que tu m'as dit. Je suis content de ça.

Ma reconnaissance est immense. Je ne peux plus te serrer dans mes bras mais je ne t'ai jamais autant aimé.
Embrasse Pépé, Mémé et Anais.

dimanche 12 mars 2017

Tu es partout

Et pourtant tu es partout. Dans l'air, la nature, les arbres que je touche, ce courant d'air. Quand je vois cette baleine au milieu de l'océan, tu es là. Tu es partout, en moi, dans mon corps, dans ma colère, dans mes larmes et ma joie. Tu es là dans les plats que je cuisine. Tu es là dans son regard, dans sa pureté, à elle. Quand je regarde le ciel, quand je regarde en moi, je te vois. Quand la musique tourne fort et qu'elle me fait du bien, c'est toi. Quand je te parle tu es là. Quand je suis seul dans le noir, la nuit, dans ce somptueux silence tu es là, comme un amour immense, comme une réponse silencieuse et totale. Tu es la paix. Dans mes pensées lumineuses et sages, c'est toi qui parle. Tu m'as transmis deux messages. Le premier est de ne rien demander car nous avons déjà tout. Le second c'est que nos réponses se trouvent dans le silence. Ce silence c'est toi, tellement. Là une chanson tourne en boucle, elle dit " God as my witness, and you're gonna heal my soul". Elle me transperce et m'apaise. Tu aimais me voir faire de la musique, gratter ma guitare, chanter, tu venais nous voir répéter, intéressé. Ca me portait. Tu m'as dit ta fierté plusieurs fois quand je jouais de ma petite guitare. Quand je joue tu es là.
Ce silence c'est ma musique, et ta réponse, la mienne aussi, à nous tous. Je sais que tu vas bien. Viens me voir, je serai là.

jeudi 6 septembre 2012

un autre homme

Moi si j'étais un homme, je serai quelqu'un d'autre
Je t'emmenerai sur des planétes ou le doute n'existe pas
et où le rire est oxygéne

Et si on parlait zic, pour changer

Depuis que je me suis abonné à Spotify, la musique tourne environ 6h par jour dans mes oreilles. Autant vous dire que j'adore ça car je découvre des tas d'artistes, des albums que je ne connaissais pas, des sons nouveaux, des talents insoupçonnés. Bref, c'est mon petit plaisir quotidien.
J'en profite pour vous encourager à vous connecter à Spotify, c'est d'une qualité assez exceptionnelle, le catalogue est d'une taille ahurissante, encore mieux que La Redoute.

Je voulais vous faire part des mes coups de coeur du moment. Alors il écoute quoi le Grégo?

Stéphane Eicher-Taxi Europa: Pour moi le meilleur album du Suisse à la caravane. Malgré une production un poil maigrichonne, les compos sont géniales; textes et musiques sont excellentes. Mr Eicher est très insipiré, entre les riffs de guitare bien trouvés, les ritournelles accrocheuses et des mélodies, des vraies (on en reparlera). Le tout servi par un Manu Katché à la batterie, c'est la cerise sur le cageot. Si vous écoutez cet album, prêtez l'oreille deux secondes à la frappe et l'énergie de Katché, moi ça me déroute. Il apporte une saveur particulière à tous les albums pour lesquels il participe. Bon c'est un peu une tête de con mais on s'en fout.



Foo Fighters: Alors eux, je les redécouvre. Je connaissais déjà un peu leurs morceaux, bien musclés et équilibrés par des mélodies et des harmonies toujours recherchées. On a du Queen là-dedans. La voix de l'ex batteur de Nirvana est très plaisante. Leur gros son peut faire peur, ou chier, c'est selon (au début ça me gavait un peu ce gros son lourd américain) mais c'est très maitrisé et l'énergie qui s'en dégage n'est pas "bourrin". C'est du tout bon, allez-y!





David Bowie- A reality tour: J'ai découvert Bowie assez tard, assez effrayé par l'image du bonhomme et une voix peu accessible et loin de mes standards. Mais en écoutant son album "Reality" à mes heures Bordelaises, j'avais déjà saisi la finesse de ses créations et la griffe d'un artiste à part. Et qui dit griffe, dit chat, non pardon dit personnalité. Sa musique peut être rebutante mais s'y pencher vaut le détour. Quand on écoute ce live, on se rend compte des innombrables monumets qu'il a écrit. Jetez-y une oreille, ça va peut-être changer votre vie, ou pas.


Ginzhu-Mirror Mirror: Eux, c'est des belges. Ils font du rock indé comme on dit. Je les connaissais depuis "Do you read me" excellent morceau. Là j'ai découvert "Mirror mirror". C'est du rock envoutant, grosse énergie, un peu de folie, beaucoup d'originalité. La transe monte sur certains morceaux. Ils valent le coup, mangez-en, c'est bon. Moi perso avec ça sur les oreilles au boulot, j'ai envie de sauter sur mon bureau et de faire un pogo avec ma patronne.


Paul Gilbert- Fuzz Universe: Autant je déteste les disques de guitaristes car les démonstrations techniques me gonflent, autant lui, il sait se servir de sa technique pour la mettre au service de compos super groovy, riches d'idées et de fenêtres qui s'ouvrent. C'est de l'instrumental, c'est 80% de guitare mais interdiction de s'ennuyer. Ce guitariste, un des meilleurs au monde, me plait surtout pour la qualité de ses créations et l'ingéniosité de ses structures. Laissez-vous emporter. Il reprend du Bach à la guitare électrique, c'est bluffant.



Starsailor- All the plans: "Four to the floor" vous vous rappelez? Non? Bon. Si vous aimez la bonne pop-rock aux belles mélodies et à l’énergie rock, écoutez cet album. Ca cherche pas midi à 14h, c'est juste prenant, c'est simple, la voix est belle, marquante. Moi ça m'envoie des images plein les yeux, je voyage et c'est déjà beaucoup.


lundi 6 juin 2011

A l'évidence

Sur le quai, la bouche ouverte, j'ai avalé la grêle
Je pense à toutes ces années perdues à faire du zèle
A souder de si près la tôle que les vapeurs d'acétylène
Ne m'ont jamais permis de voir les bateaux, les baleines
On m'a viré ce matin, je ne me suis jamais senti aussi bien

A l'évidence, olivia
J'étais pas fait pour, fait pour ça

Prisonnier des trois huit, mon rêve a su rester neuf
Je borderai les voiles de Wellington à Terre-Neuve
Je serai navigateur ou je ne serai rien
On m'a viré ce matin, je ne me suis jamais senti aussi loin


Sur le pont, les yeux fermés, je devine le vent
Je pense à tous ces hasards qui décident en passant
Du temps qu'il fait, du temps qu'il faut pour qu'enfin
Je comprenne
Qu'à serrer de si près la vague, je peux toucher les baleines
Si j'ai viré ce matin, c'est que mon cap est encore incertain
Et la vie...

Et la vie danse, Olivia
Tout recommence, Olivia.

mardi 24 mai 2011

Le jour où...

...je suis tombé sur cette cassette, je devais avoir 14 ou 15 ans. Mes premiers émois, mes premières envies, j'y pense encore. Non, il ne s'agissait pas d'une cassette de Marc Dorcel. Je vous raconte.

Un soir, mon frère rentre du Lycée avec cette fameuse cassette. Une cassette audio déjà insérée dans son balladeur Aiwa. C'était LE balladeur de l'époque, puissant comme un avion. Quelques jours auparavant, il m'avait raconté avoir fait connaissance d'un ami qui écoutait beaucoup de musique et qu'il allait lui prêter de quoi écouter. Car mon frère à part Midnight Oil n'écoutait rien d'autre.
-"Tiens écoute ça" me dit-il. "C'est un pote qui m'a prêté l'album...c'est pas mal".
Je file donc dans ma chambre comme le gentil petit garçon que j'étais. Je m'installe sur le sol, oui le cul par terre et j'enfource le casque du fabuleux balladeur Aiwa qui coutait un bras (et ça rime). Et là, oui là, à ce moment là, j'ai fait un truc qui changera ma vie à tout jamais. Oui mesdames et messieurs, tout a changé le jour ou j'ai appuyé sur "PLAY".
Il ne m'a pas fallu attendre longtemps. Quelques secondes, 4 ou 5 mesures, quelques notes, et j'ai décollé de mon carrelage froid. Je suis resté scotché, immobile, captivé, paralysé et mes petits poils tout droits sur mes bras. Je n'en revenais pas, alors, pour bien m'assurer que le rêve était réalité, j'attendais le prochain morceau: même effet! Puis le suivant et ainsi de suite. J'étais KO assis (oui normalement c'est "debout" mais moi j'étais assis). J'ai gardé le casque sur les oreilles pendant une trentaine de minutes. J'ai tout écouté. Quand la musique s'est arrêtée, j'ai pris quelques secondes pour revenir sur terre et enlever le casque de mes oreilles. Je l'ai posé calmement à côté de moi. J'avais le regard figé, la bouche entre-ouverte, un léger filet de bave...non je déconne. J'ai pris quelques secondes pour regarder autour de moi et repenser à ce que je venais de vivre. J'étais marqué. Il était trop tard.
Fébrile sur mes guiboles, je retournai voir mon frère dans sa chambre, lui ramenant son balladeur.
-"C'est quoi ce truc de fou?" lui demandai-je, la mine déconfite de réjouissance (hum formule à vérifier hein).
-"T'as vu c'est pas mal hein?". Pas mal? Mais putain, je venais de voir la vierge en audio! (formule à vérifier bis).

A partir de ce jour là, mon chemin avait trouvé une pancarte. Je savais ce que je voulais faire. Déjà, réécouter ça encore et encore et puis aussi essayer de faire comme lui, avec sa guitare.

¨Puisqu'on est dans la confession, je peux vous avouer que j'ai même essayé de me coiffer comme lui. Cette coupe improbable. Pour moi le résultat se rapprochait plus de la coupe à Laurent Voulzy qu'autre chose.
Et puis il n'étais pas seul le garçon dans son groupe de gays, de garçons pardon. Je crois, à présent, qu'il est inutile de faire durer le suspens plus longtemps. Hommage à ces 4 gars qui ont, même un petit peu, changé ma vie.Savourez. Je ne connais pas plus grand groupe.

vendredi 26 février 2010

Mon pépé

Quand j'étais petit, j'allais voir mon pépé tous les dimanches, en fin de journée. A chaque fois que j'arrivais dans le petit salon de mes grand-parents, ils étaient là, tous les deux, assis devant la télé sur leurs vieux fauteuils en osier. Mon grand-pére un peu plus en retrait, comme à l'accoutumée. Il avait enlevé sa casquette, vieille et grise et l'avait posé sur la table à côté de lui, à portée de main. Il ne se levait jamais sans se la mettre sur la tête. A peine franchi le seuil du petit salon, ils m'avaient discerné par ma grande silhouette, moi le plus grand de la famille. Et ma grand-mère ou mon grand-pére, s'exclamait alors avec ce sublime accent Italien: "Oh c'est Grégo". Exclamation mêlant aussi une interrogation tant leur vue ne leur permettait pas forcément d'être certains que c'était bien moi. Je les rassurai rapidement d'une voix forte qui puisse atteindre leurs oreilles défaillantes, et par peur de les affoler qu'un intrus ait pu pénétrer chez eux: "Oui, c'est moi pépé. ça va mémé?". Et je les embrassais chacun un après l'autre. Mon pépé, en m'embrassant me demandait toujours, la voix tremblante et les larmes à ses yeux bleus magnifiques, perçants et porteur de souffrances passées, si j'allais bien: "ça va Grégo", avec cette voix rauque et les "r" roulés d'un piémontais échoué dans le Var.
-"Ca va pépé, et toi?"
-"ça va" me répondait-il, à chaque fois, d'un ton un peu fatigué mais jamais plaignant. Mon grand-père ne se plaignait jamais. De la même manière qu'il ne critiquait jamais personne mon pépé. Mon pépé était un laborieux, un taiseux, un généreux et un sensible que l'alcool aidait pour gérer ses émotions et ses douleurs tues du passé.
Je prenais alors place sur le petit canapé vert aussi vieux et bousillé que mon pépé, mais il était toujours là, prêt à accueillir le visiteur. Tous trois tournés vers la télé, assourdissante et passant une émission du dimanche pour les vieux: du Drucker, un reportage animalier, ou du patinage artisitique, nous ne parlions pas beaucoup. J'étais là avec eux. Je partageai leur rituel quotidien: la télé, un peu de lecture jusqu'à l'heure de la quotidienne soupe à mémé.
Brisant le silence, mon pépé gueulait à ma mémé de baisser le son de la télé. Il allait me raconter quelque chose.
Je me tournais alors un peu plus vers lui, lui prêtant toute ma disponibilité. Oh, mon pépé n'était pas un grand orateur, point de discours introductif dans ses récits, mais un calme et une lenteur dans le choix de ses mots, me suspendaient à ses lévres. Je le regardais dans ses yeux bleus se dévoiler un peu à moi.
Venant de voir une scène à la télé, mêlant un jeune homme ayant failli se faire renverser par une voiture, un souvenir remonta à la vieille tête de mon pépé.
-"Tu sais Grégo, je vais te raconter une chose. Quand j'étais jeune, je travaillais dans les bois tous les jours de la semaine. On coupait du bois avec les copains toute la journée. J'étais bûcheron et on travaillait toute la journée jusqu'à la nuit".
-"C'était où pépé?" lui demandai-je.
"Oh, c'était vers Carcès dans le Var, je devais avoir une vingtaine d'années".
Il se frotta le crane de la main, remis sa casquette et repris:
-"On était une dizaine toute la journée dans les bois, et le soir nous rentrions chacun chez nous. "Moi j'avais une bonne demi-heure de marche pour rejoindre la chambre que je louais à quelques kilomètres de là. Un soir, alors que je rentrais, empruntant cette petite route qui me menait au village, je fus alarmé par un grognement au loin. Ce bruit étrange m'inquiéta. Je me retourna pour essayer de voir quelque chose. Je ne voyais rien sur cette route de campagne. Il faisait nuit noire, je n'avais même pas de lampe. Le grognement se faisait de plus en plus fort. Je commençais à avoir peur et surgissant derrière moi, je vis deux gros yeux lumineux se diriger vers moi à vive allure dans un bruit terrifiant".
Pépé avait les yeux qui brillaient, la voix légèrement tremblante et un léger sourire en coin apparaissait sur son visage. J'attendais la suite.
"Quand j'ai vu ces deux gros yeux fonçant sur moi, ni une ni deux, j'ai sauté dans les fourrés, en contre bas de la route!"
Camouflé derrière les buissons, tremblant de peur, mon pépé venait de croiser, pour la première fois de sa vie, une voiture.