Il est temps...
...de passer à table...
samedi 20 juillet 2024
dimanche 14 mai 2023
Moi dans ton silence
J'ai toujours cru que ça suffisait
Quelques notes aérées ça suffirait
Je me suis posé là sans bruit
Un silence m'enveloppe et te voilà
J'ai ouvert mes bras
Un silence lumineux et te voilà
Des heures à te prier et te voilà
Je t'ai jamais vu comme ça
C'est dans la paix qu'on se connait le mieux
C'est fou et c'est beau de sentir
Ta main solide et tendre sur mes épaules
L'intérieur sourit, l'histoire est réglée
Elle n'avait jamais commencé
Moi j'avais peur de la lumière
Et voilà que tu m'éclaires, me console et me pardonne
Et quand je joue mes petits airs
Tu t'invites au 1er rang
Tes mots me reviennent
vendredi 18 février 2022
The final countdown
Toutes les images reviennent au moment même des premières notes.
Je suis assis à coté de lui dans les tribunes de Mayol. Il est heureux et moi aussi. Captivé, les yeux rivés sur le spectacle devant lui. Ce sont les rares moments de ma vie ou je le vois heureux, joyeux, content d'être là où il est. Je le regarde sans qu'il ne me voit. On est bien, putain on est bien, ça me fait tellement de bien de le voir heureux. Alors j'espère qu'on va gagner, comme ça, il sera encore plus heureux.
C'était généralement le samedi soir qu'on se rendait avec mon père et mon frère, au stade Mayol pour voir, non pas du rugby, mais le Sporting club de Toulon, équipe de "Division 1" de football, la Ligue 1 de l'époque. Toulon parmi l'élite du foot français. Oui, ça a duré 10 ans, tout rond. Et clap de fin. Mais ça on s'en fout un peu.
Je ne retiens qu'une chose: la joie de mon père. Cette joie qui devenait la mienne. On partageait un moment. Sans doute parmi les plus délicieux moments de mon enfance. Sur cette musique entraient les joueurs, tout de jaune et bleu vêtus. On savait qu'on allait voir du combat. Oui à Toulon, même au foot, on pense d'abord à affaiblir l'adversaire avant de faire du jeu. Je te raconterai ça un autre jour. Ce morceau lançait les hostilités en quelque sorte. Mon père était concentré, mon frère bouillonnait, et moi, gamin de 10 ans, j'étais comblé d'être là, avec eux.
Les soirs d'hiver, quand on allait au stade, on mettait notre pyjama sous nos vêtements. Combine de maman précautionneuse et de papa flic qui avait connu les heures de "planton" dans un commissariat d'Alsace. Tu vois le truc? Même à -10° (chose rarement vue sur les bords de la rade), on serait allé au stade. Surtout qu'au retour, on profitait du feu de cheminée, et de deux oeufs au plat divins en attendant "Soir foot" avec l'espoir qu'on parle de nos exploits à la TV française. Tu te rends pas compte toi. Parler de Toulon à la télé, quelle fierté.
Je crois que c'était une chose simple. Une chose commune, partager un moment avec son papa, vibrer pour des bêtises de foot, de victoire, d'orgueil, d'amour pour sa ville aussi. Car si on a un point commun c'est bien l'amour de cette ville. Ca doit se transmettre ça aussi. Je peux rarement parler de Toulon sans émotion. Toulon c'est mon terrain de jeu, ma fierté, mon père, mon enfance. C'est six lettres que j'ai envie de défendre à chaque instant. Toulon c'est la joie dans les yeux de mon père. Cet homme, à part son travail n'avait de distraction que le tiercé, la bonne bouffe, les champignons en automne, le foot, et surtout à Toulon. J'aimais la passion pudique qu'il exprimait pour ce club. Toujours soucieux de nos défaites, fiers de nos succès. Je crois que dans la vie d'un fils de paysan piémontais, ça apporte un peu de joie simple. Toulon est la ville qui a accueilli ses parents partis d'Italie.
Moi j'ai tout vu. J'ai tout gardé. Je repasse ce morceau en boucle juste pour être a coté de lui, dans ces tribunes. Je le sens juste à côté de moi, la chaleur de ce gaillard et ses 110 kilos. Il était gentil mon papa. Mais même dans les tribunes de Mayol, fallait pas le chercher trop longtemps. Un soir de match, alors qu'on sortait des tribunes à la fin de la rencontre, une bagarre éclate entre plusieurs mecs juste devant nous. J'avais environ 10 ans, mon frère 5 de plus. Là j'ai vu mon père pâlir, voyant déjà la bagarre générale dégénérer dans toute la tribune et nous mettre nous, enfants, devant un sacré danger.
En quelque secondes j'ai vu mon père serrer les mâchoires, nous pousser derrière lui, et fermer les poings. Il était prêt à dégoupiller le premier à s'approcher de nous. Mais comme un dernier ultimatum, il lança à un des gars: "Il y a des enfants ici". L'échauffourée s'arrêta sur le champ.
Le foot ici n'est plus au beau fixe. Mais je regarde encore chaque match. Non pas pour le triste spectacle offert par un club de N2 mais parce que c'est en moi. Le jaune, le bleu, papa et moi. Je n'ai qu'à fermer les yeux et je te vois, assis dans ces tribunes prés de moi. Rien ne s'arrête jamais vraiment. J'ai les yeux fermés. La musique a démarré. Je pense qu'on va gagner.
jeudi 14 février 2019
Silenzio
"A volte, la migliore musica è il silenzio… diciamo. "
mercredi 12 décembre 2018
Viens !
jeudi 5 juillet 2018
"C'est mes fils"
Tu me manques terriblement. Je n'oublie pas ces mots. Je fais ce que je peux.
"Si je tends la main au ciel, la serreras-tu?"
samedi 1 avril 2017
On a parlé
Et puis la scène a changé. Quand j'ai ouvert les yeux, je savais que tu étais dans cette pièce. Ta présence illuminait la pièce de cette lumière champagne que j'ai déjà vue plusieurs fois. Tu remplissais toute la pièce. Je ne te voyais pas avec mes yeux. C'est totalement diffèrent. Je fus surpris au départ. Je ne saisissais pas bien ce qu'il se passait. Puis je me suis détendu, offert, j'ai porté toute mon attention au moment. Et j'ai vite compris. Je n'avais même plus besoin de confirmation. Tu étais là. Tu souriais dans cette lumière indescriptible. Tu remplissais toute la pièce. Je n'avais qu'à poser une question et tu me répondais. On a donc dialogué, disons-le comme ça. J'ai rapidement commencé à pleurer, mais j'ai retenu ces larmes car je n'étais pas triste.
Tu m'as alors transmis plusieurs messages. Tu m'as dit que tu étais là chaque seconde, que si je pensais à toi, tu étais là. Tu m'as dit que tu veillais sur nous, mon frère et moi, nos enfants, Gisèle, et même ma mère, c'est dire si tu es devenu sage. Tu souris si tendrement. Tu m'as demandé de bien m'occuper de ta maison et de veiller sur mon frère. C'est tellement toi.
Tu m'as enfin dit d'arrêter de me faire souffrir. Car il n'y a pas de problème. Tu m'as montré cette lumière dans laquelle tu baignes et avec laquelle tu m'inondes. Il n'y a pas de problème. Ton message est simple : inutile de s'agiter ici. Et tu as eu ce sourire empli de calme. Tu m'as demandé de ne pas oublier qui j'étais, ce que j'étais, ce que nous sommes. Plus que tes mots, c'est cette lumière et la sagesse que tu dégages qui permettent de comprendre sans y réfléchir ce que tu transmets. Les mots, ici, sont bien impuissants.
Et puis tu m'as parlé de la vie. Tu m'as envoyé des images. De la bonne bouffe, un plat italien que je n'ai pas vraiment reconnu, comme des pâtes en sauce. Il y avait aussi une tablée avec mes amis, un verre de vin rouge, un amour et une joie si simples et amples. Tu nous enlaçais dans tes bras longs de deux kilomètres et tu étais heureux de nous proposer ça. Il y avait aussi cette jolie fille brune que je ne connais pas, sans doute italienne. Tu m'as dit avec un sourire malicieux que tu aimais bien les italiennes, brunes, forcément.
Pour finir, tu m'as clairement montré une chose. Tu m'as parlé d'Agnès, avec qui je fais un peu de musique. Elle chante, je joue. Tu m'as dit que tu te régalais à nous écouter jouer. Tu te poses là, tu nous observes et tu adores ça. Tu aimes bien cette fille, tu aimes bien sa douce façon de chanter, c'est ce que tu m'as dit. Je suis content de ça.
Ma reconnaissance est immense. Je ne peux plus te serrer dans mes bras mais je ne t'ai jamais autant aimé.
Embrasse Pépé, Mémé et Anais.