mercredi 12 décembre 2018

Viens !

Viens on s'en va loin du monde, loin du bruit, de la colère et de la foule. On se casse léger et soulagé. Loin de ces images et ces odeurs. Un petit cercle ouvert aux autres, mais pas tous les autres. Je suis pas fait pour le grand nombre. Loin des chiffres, des résultats, des performances, des concurrents. Viens on se casse où il y a du sens et de l'air frais, un peu de vin et quelques belles mains.

jeudi 5 juillet 2018

"C'est mes fils"

On est allé voir le docteur. C'était un Vendredi. 18h. Ca n'a pas duré longtemps, peut-être 10 minutes. Il ne reste que quelques jours à vivre pour mon père. C'était dit. On a posé deux ou trois questions. Le verdict était clair. Tu l'acceptes et tu te tais. On est sorti du bureau. on s'est rendu dans sa chambre d'hôpital accompagnés du docteur. Il s'est adressé à mon père, lui faisant comprendre qu'il nous avait averti de la situation, de la fin proche. Pas une larme. "Ne vous acharnez pas" a déclaré mon père au docteur. Je commençais à être de plus en plus étonné de son courage et de son calme. Mon père avait accepté son départ, sans drame, sans larme, et avec une dignité insoupçonnable. J'assistais à ça silencieux, stupéfait, effondré, terrorisé, paralysé. Je n'osais pas vraiment regarder mes proches dans les yeux, je tentais d'éviter certains regards. Après sa brève explication, le docteur était sur le point de nous laisser. Mon père s'adressa à lui : "C'est mes fils". Mon frère n'a pu retenir ses larmes. Il a explosé en sanglots et est parti se réfugier dans la salle de bains. Je n'ai pas bougé, impossible. Tout était dit, terminé, c'était la fin. Notre père allait partir. Il venait de nous dire qu'il nous aimait par cette petite phrase. Il avait déclaré son amour à ses fils de sa façon habituelle. On l'a reçu. Il avait tellement de fierté dans les yeux quand il a prononcé cette phrase qu'on a compris son message. J'ai aimé cette pudeur. C'est ce dont j'avais besoin. Ces derniers moments avec lui ont été plus instructifs que je ne l'imaginais. J'ai découvert toute sa force et sa dignité pendant ces heures douloureuses.
Tu me manques terriblement. Je n'oublie pas ces mots. Je fais ce que je peux.

"Si je tends la main au ciel, la serreras-tu?"

samedi 1 avril 2017

On a parlé

C'était tellement inattendu. La façon dont tu t'y es pris pour venir me parler. J'ai d'abord vu ton visage planer au-dessus de la maison de mon enfance, celle que tu as construite de tes mains. J'ai pris ça pour une jolie pensée dans un premier temps, et rien de plus. C'était déjà beau de voir ton visage sage flotter au-dessus de cette maison. Tu veillais sur nous. Et puis j'ai ouvert les yeux à nouveau mais comme attiré par ta présence et cette belle image, j'ai refermé les yeux et me voilà plongé une nouvelle fois dans ce tableau. De plus en plus insistant, intense. Je me suis plongé dans cette scène mentale, je ne voulais plus la quitter. Tu nous protégeais, tu nous regardais tendrement de là-haut. Moi j'avais 8 ans, assis sur mon vélo rouge.

Et puis la scène a changé. Quand j'ai ouvert les yeux, je savais que tu étais dans cette pièce. Ta présence illuminait la pièce de cette lumière champagne que j'ai déjà vue plusieurs fois. Tu remplissais toute la pièce. Je ne te voyais pas avec mes yeux. C'est totalement diffèrent. Je fus surpris au départ. Je ne saisissais pas bien ce qu'il se passait. Puis je me suis détendu, offert, j'ai porté toute mon attention au moment. Et j'ai vite compris. Je n'avais même plus besoin de confirmation. Tu étais là. Tu souriais dans cette lumière indescriptible. Tu remplissais toute la pièce. Je n'avais qu'à poser une question et tu me répondais. On a donc dialogué, disons-le comme ça. J'ai rapidement commencé à pleurer, mais j'ai retenu ces larmes car je n'étais pas triste.

Tu m'as alors transmis plusieurs messages. Tu m'as dit que tu étais là chaque seconde, que si je pensais à toi, tu étais là. Tu m'as dit que tu veillais sur nous, mon frère et moi, nos enfants, Gisèle, et même ma mère, c'est dire si tu es devenu sage. Tu souris si tendrement. Tu m'as demandé de bien m'occuper de ta maison et de veiller sur mon frère. C'est tellement toi.
Tu m'as enfin dit d'arrêter de me faire souffrir. Car il n'y a pas de problème. Tu m'as montré cette lumière dans laquelle tu baignes et avec laquelle tu m'inondes. Il n'y a pas de problème. Ton message est simple : inutile de s'agiter ici. Et tu as eu ce sourire empli de calme. Tu m'as demandé de ne pas oublier qui j'étais, ce que j'étais, ce que nous sommes. Plus que tes mots, c'est cette lumière et la sagesse que tu dégages qui permettent de comprendre sans y réfléchir ce que tu transmets. Les mots, ici, sont bien impuissants.

Et puis tu m'as parlé de la vie. Tu m'as envoyé des images. De la bonne bouffe, un plat italien que je n'ai pas vraiment reconnu, comme des pâtes en sauce. Il y avait aussi une tablée avec mes amis, un verre de vin rouge, un amour et une joie si simples et amples. Tu nous enlaçais dans tes bras longs de deux kilomètres et tu étais heureux de nous proposer ça. Il y avait aussi cette jolie fille brune que je ne connais pas, sans doute italienne. Tu m'as dit avec un sourire malicieux que tu aimais bien les italiennes, brunes, forcément.
Pour finir, tu m'as clairement montré une chose. Tu m'as parlé d'Agnès, avec qui je fais un peu de musique. Elle chante, je joue. Tu m'as dit que tu te régalais à nous écouter jouer. Tu te poses là, tu nous observes et tu adores ça. Tu aimes bien cette fille, tu aimes bien sa douce façon de chanter, c'est ce que tu m'as dit. Je suis content de ça.

Ma reconnaissance est immense. Je ne peux plus te serrer dans mes bras mais je ne t'ai jamais autant aimé.
Embrasse Pépé, Mémé et Anais.

dimanche 12 mars 2017

Tu es partout

Et pourtant tu es partout. Dans l'air, la nature, les arbres que je touche, ce courant d'air. Quand je vois cette baleine au milieu de l'océan, tu es là. Tu es partout, en moi, dans mon corps, dans ma colère, dans mes larmes et ma joie. Tu es là dans les plats que je cuisine. Tu es là dans son regard, dans sa pureté, à elle. Quand je regarde le ciel, quand je regarde en moi, je te vois. Quand la musique tourne fort et qu'elle me fait du bien, c'est toi. Quand je te parle tu es là. Quand je suis seul dans le noir, la nuit, dans ce somptueux silence tu es là, comme un amour immense, comme une réponse silencieuse et totale. Tu es la paix. Dans mes pensées lumineuses et sages, c'est toi qui parle. Tu m'as transmis deux messages. Le premier est de ne rien demander car nous avons déjà tout. Le second c'est que nos réponses se trouvent dans le silence. Ce silence c'est toi, tellement. Là une chanson tourne en boucle, elle dit " God as my witness, and you're gonna heal my soul". Elle me transperce et m'apaise. Tu aimais me voir faire de la musique, gratter ma guitare, chanter, tu venais nous voir répéter, intéressé. Ca me portait. Tu m'as dit ta fierté plusieurs fois quand je jouais de ma petite guitare. Quand je joue tu es là.
Ce silence c'est ma musique, et ta réponse, la mienne aussi, à nous tous. Je sais que tu vas bien. Viens me voir, je serai là.

jeudi 6 septembre 2012

un autre homme

Moi si j'étais un homme, je serai quelqu'un d'autre
Je t'emmenerai sur des planétes ou le doute n'existe pas
et où le rire est oxygéne

Et si on parlait zic, pour changer

Depuis que je me suis abonné à Spotify, la musique tourne environ 6h par jour dans mes oreilles. Autant vous dire que j'adore ça car je découvre des tas d'artistes, des albums que je ne connaissais pas, des sons nouveaux, des talents insoupçonnés. Bref, c'est mon petit plaisir quotidien.
J'en profite pour vous encourager à vous connecter à Spotify, c'est d'une qualité assez exceptionnelle, le catalogue est d'une taille ahurissante, encore mieux que La Redoute.

Je voulais vous faire part des mes coups de coeur du moment. Alors il écoute quoi le Grégo?

Stéphane Eicher-Taxi Europa: Pour moi le meilleur album du Suisse à la caravane. Malgré une production un poil maigrichonne, les compos sont géniales; textes et musiques sont excellentes. Mr Eicher est très insipiré, entre les riffs de guitare bien trouvés, les ritournelles accrocheuses et des mélodies, des vraies (on en reparlera). Le tout servi par un Manu Katché à la batterie, c'est la cerise sur le cageot. Si vous écoutez cet album, prêtez l'oreille deux secondes à la frappe et l'énergie de Katché, moi ça me déroute. Il apporte une saveur particulière à tous les albums pour lesquels il participe. Bon c'est un peu une tête de con mais on s'en fout.



Foo Fighters: Alors eux, je les redécouvre. Je connaissais déjà un peu leurs morceaux, bien musclés et équilibrés par des mélodies et des harmonies toujours recherchées. On a du Queen là-dedans. La voix de l'ex batteur de Nirvana est très plaisante. Leur gros son peut faire peur, ou chier, c'est selon (au début ça me gavait un peu ce gros son lourd américain) mais c'est très maitrisé et l'énergie qui s'en dégage n'est pas "bourrin". C'est du tout bon, allez-y!





David Bowie- A reality tour: J'ai découvert Bowie assez tard, assez effrayé par l'image du bonhomme et une voix peu accessible et loin de mes standards. Mais en écoutant son album "Reality" à mes heures Bordelaises, j'avais déjà saisi la finesse de ses créations et la griffe d'un artiste à part. Et qui dit griffe, dit chat, non pardon dit personnalité. Sa musique peut être rebutante mais s'y pencher vaut le détour. Quand on écoute ce live, on se rend compte des innombrables monumets qu'il a écrit. Jetez-y une oreille, ça va peut-être changer votre vie, ou pas.


Ginzhu-Mirror Mirror: Eux, c'est des belges. Ils font du rock indé comme on dit. Je les connaissais depuis "Do you read me" excellent morceau. Là j'ai découvert "Mirror mirror". C'est du rock envoutant, grosse énergie, un peu de folie, beaucoup d'originalité. La transe monte sur certains morceaux. Ils valent le coup, mangez-en, c'est bon. Moi perso avec ça sur les oreilles au boulot, j'ai envie de sauter sur mon bureau et de faire un pogo avec ma patronne.


Paul Gilbert- Fuzz Universe: Autant je déteste les disques de guitaristes car les démonstrations techniques me gonflent, autant lui, il sait se servir de sa technique pour la mettre au service de compos super groovy, riches d'idées et de fenêtres qui s'ouvrent. C'est de l'instrumental, c'est 80% de guitare mais interdiction de s'ennuyer. Ce guitariste, un des meilleurs au monde, me plait surtout pour la qualité de ses créations et l'ingéniosité de ses structures. Laissez-vous emporter. Il reprend du Bach à la guitare électrique, c'est bluffant.



Starsailor- All the plans: "Four to the floor" vous vous rappelez? Non? Bon. Si vous aimez la bonne pop-rock aux belles mélodies et à l’énergie rock, écoutez cet album. Ca cherche pas midi à 14h, c'est juste prenant, c'est simple, la voix est belle, marquante. Moi ça m'envoie des images plein les yeux, je voyage et c'est déjà beaucoup.


lundi 6 juin 2011

A l'évidence

Sur le quai, la bouche ouverte, j'ai avalé la grêle
Je pense à toutes ces années perdues à faire du zèle
A souder de si près la tôle que les vapeurs d'acétylène
Ne m'ont jamais permis de voir les bateaux, les baleines
On m'a viré ce matin, je ne me suis jamais senti aussi bien

A l'évidence, olivia
J'étais pas fait pour, fait pour ça

Prisonnier des trois huit, mon rêve a su rester neuf
Je borderai les voiles de Wellington à Terre-Neuve
Je serai navigateur ou je ne serai rien
On m'a viré ce matin, je ne me suis jamais senti aussi loin


Sur le pont, les yeux fermés, je devine le vent
Je pense à tous ces hasards qui décident en passant
Du temps qu'il fait, du temps qu'il faut pour qu'enfin
Je comprenne
Qu'à serrer de si près la vague, je peux toucher les baleines
Si j'ai viré ce matin, c'est que mon cap est encore incertain
Et la vie...

Et la vie danse, Olivia
Tout recommence, Olivia.